Ronan Barrot - Point de fuite

Ronan Barrot
Point de fuite
Galerie Dukan, Leipzig, Germany
January 10 - February 24, 2015
Opening: January 10, 2015 / 11 am-8 pm




Pour fêter le premier anniversaire de la Galerie Dukan à Leipzig, nous sommes heureux d'inviter Ronan Barrot (Fr, 1973), artiste représenté par la galerie Claude Bernard, pour sa première exposition individuelle  en Allemagne. 
La peinture de Ronan Barrot est parsemée de signes, mais ils sont emportés par les vibrations du sensible. Dans ses paysages, le noir et le bleu ne sont pas seulement des couleurs, ce sont des puissances, les antinomies d’une conviction qui se forme, une tension qui se manifeste. Le crêt d’arbres sombres, les longues traînées de bleu au-dessus de ces déserts habités, c’est notre mémoire déchirée, nos conflits sourds, notre tendresse impossible. On ne peut plus séparer le petit homme de l’Histoire, on ne peut plus distinguer le monde de l’humanité, on ne peut plus discerner entre l’effusion subjective et la réalité extérieure. L’universel et l’intime se touchent.
Mais il y a aussi les grandes scènes, comme Point de fuite, avec ces visages nébuleux, en mouvement, ces silhouettes agitées, contraintes, recluses à la droite du tableau, derrière quelques barreaux blancs. Un détail retient aussitôt l’attention, cette main serrée sur la rambarde, ce poignet dévié, cassé si je puis dire, sortis d’un amas de vêtements, d’une cohue de gestes. Et puis, il y a cette grande silhouette à gauche, gardien ou nocher, remuant sa longue perche. Et encore ces flaques d’herbes jaunes qui ruissellent entre les arbres. Tout cela est tendu, solaire et inquiétant, lumineux et louche. Il faudrait s’approcher encore, se décider à rejoindre les fantômes qui remuent derrière la barrière, ou bien demeurer, timide, dans l’ombre froide du gardien.
 Eric Vuillard, décembre 2014


To celebrate the Dukan Gallery’s first anniversary in Leipzig, it is our great pleasure to welcome Ronan Barrot (French, b. 1973, represented by the Galerie Claude Bernard in Paris) for his first solo exhibition in Germany. 
 
Ronan Barrot’s painting is dotted with signs, which the vibrations of the sensible world however blow away. In his landscapes, black and blue are not merely colors; they are powers, antinomies of a belief in the making, a tension coming forward. Their dark trees’ crowns, their long swathes of blue over their unpeopled deserts are our tattered memories, our muffled conflicts, our hopeless tenderness. It is from then on no more possible to split up the common man from History, to distinguish the world from mankind, to make out subjective effusion and outside reality. What is universal and what is intimate are coming into contact.
Other scenes are larger, such as Point de fuite [both Vanishing Point and No Escape] with its nebulous faces in motion, its – to the right side of the canvas – restless restrained silhouettes secluded behind a few white bars. One detail instantly grasps our attention: that hand which holds the railing, that upturned, broken if I may say so, wrist protruding from a heap of garments, a melee of gestures. Then we have the tall figure on the left, watchman or ferryman, muddling through with his long shaft. And again, puddles of yellow grass dripping down between the trees. All of it is strained, both sunny and crafty, both shimmering and shady. One is requested to get even closer and either resolve to join up with the ghosts shifting behind the fence, or to stand shyly still in the watchman’s cold shadow.
 Eric Vuillard, december 2014