Emmanuel Barcilon

Emmanuel Barcilon
December 9, 2011 - January 14, 2012
Opening: December 8, 2011 / 6-9 pm 

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dukan hourdequin gallery is pleased to present the first solo exhibition by Emmanuel Barcilon (1967) in its new space in Paris.

In each work, the reflexivity of the artist’s chosen support – sprinkled with light revelations – parallels the artist’s quest; he finishes by discovering, among the many forgotten strata, the perfect gap, a window within all the colors. His search for surprises yields an opportunity: the fugitive beauty of the being of the painting. As he excavates his support and its surface, the painting’s memory is revealed to be its strength; Barcilon paints a lake of recollections.


The painting points to the presence of its own history, the traces of which we observe along the periphery of the canvas: the combined color of all the colors that the artist has used, nearly thirty layers. The painting is the culmination of a process of individuation – of “step by step” accumulation, “layer upon layer” stratification – that aims to pry open the viewer’s senses. Barcilon’s works fill us with sensations of touch: that of rough skin, of scars and burns, but also of silken skin, caresses, the softness of colors. But they also produce sounds, noises, music. The eye touches and listens as much as it sees. (…)

The space of the surface also harbors vanities: disturbances, skeletons, skulls, the fragrance of newspaper clippings. The artist layers news articles and photographs into the process. Reminder upon reminder of death, of bondage, of violence. In addition to the painter’s support – a body against a body – we discover a deluge of suffering bodies from all around the world. Emmanuel Barcilon interrogates representations of death, the memento mori of our time: every weapon, every abuse, every frustration, every scream. Where, amidst this backdrop of disaster, can we locate light and beauty? How do we recover our breath, our ability to love? Perhaps trough the eyes of the child, who encounters the world as a room full of toys, mastering his anxieties through play.

Lionel Dax, January 2010


La galerie dukan hourdequin est heureuse de présenter la première exposition personnelle d’Emmanuel Barcilon (1967) dans son nouvel espace à Paris.

Dans chaque œuvre, la réflexivité du support parsemé de légères révélations fait écho à la recherche du peintre qui finit par trouver, dans les strates oubliées, la bonne trouée, la juste fenêtre dans les couleurs. En cherchant la surprise, il trouve sa chance, la beauté fugitive de l’être du tableau. À mesure qu’il creuse son support et sa surface, il fait de la mémoire du tableau sa force, des laques de souvenirs.

Le tableau évoque bien la présence de sa propre histoire dont nous voyons les traces sur les franges du support : coulures de toutes les couleurs utilisées, près de trente couches. Le tableau est le résultat d’un processus d’individuation de l’œuvre, « pas à pas » accumulation, « couche sur couche » stratification, qui a pour but d’ouvrir les sens de celui qui regarde : donner les sensations du toucher, peau âpre, cicatrices, brûlures, et en même temps, peau veloutée, caresses, douceurs des couleurs ; puis produire des sons, des bruits, de la musique. L’œil touche et écoute autant qu’il voit. (…)

L’espace de la surface s’ouvre également aux vanités : désordres, squelettes, crânes, et utilisation de plus en plus fragrante des nouvelles tirées des journaux. Des articles de presse et des photographies d’événements sont imbriqués dans le processus. Messages à répétition de morts, de servitudes, de violences martelées… Le peintre livre un corps à corps avec le support mais aussi avec le déluge des corps en souffrance dans toutes les sociétés. Emmanuel Barcilon s’interroge sur les figurations de la mort, les memento mori de notre temps, les armes, les insultes, les frustrations, les cris en tout genre. Comment, sur ce fond de désastre, faire monter la lumière et la beauté, comment trouver sa respiration, son élan vers l’amour ? Peut-être à travers le regard de l’enfant qui découvre le monde comme un théâtre de jouets et qui finit, à force de jouer, par maîtriser ses angoisses.

Lionel Dax, Janvier 2010