Art Miami 2016

Art Miami 2016
Booth A105: Alicia Paz & Lionel Scoccimarro
Galerie Dukan
The Art Miami Pavilion, 1st Avenue, Miami, USA
November 29 - December 4, 2016



Paradise Inferno
Alicia Paz - Lionel Scoccimaro

“Paradise Inferno” could be the title of a lively, subtly ironic, American blockbuster film. The scenario here is interwoven through the connections between art works, and represents the essence of a fundamental questioning of two artists, Alicia Paz and Lionel Scoccimaro, whose works are presented together in dialogue for the first time. The proposition “Paradise Inferno” could be symbolized by the famous engraving by Albrecht Dürer, “Expulsion from Paradise”, in which Adam and Eve are banished from the Garden of Eden after having committed the irreparable. Beyond any religious perspective, and with a certain post-pop minimalism on the one hand, and a psychedelic figurative approach on the other, the viewer is drawn into a haven where aesthetic pleasure and objects of desire reveal an incisive questioning of contemporary society. Effectively, these artists share a common understanding of art as a tool for critical engagement, reflecting upon reality not only with acuity but also with tongue-in-cheek amusement. They scrutinize, through the lens of popular culture, the socio-political sphere, encompassing in the process qualities of various marginal cultures. Their vision does not consider art to be cut off from the world, nor separate from the entire diversity of life (which can be, in turn, overwhelming or pleasant). Indeed, their vision shares with Braque the idea that “art is that which is troubling”.  We are also reminded of Jerome Bosch’s "Garden of Delights”, where nothing contradicts the idyllic calm which reigns over the triptych, but when looking closer, we are drawn in by disturbing scenes, percolating with more sinister tales. It is in these interstices that more complex meanings reside, holding the key to a deeper understanding. There is a German expression, which states, “the devil is in the details”, and so it is with the lush paintings of Alicia Paz, as with the highly symbolic ornaments of Lionel Scoccimaro.The scenography here deployed, posing as a make-believe paradise, implicates the viewer in a multi-layered reading of the works and produces a pertinent coherence, without compromising the originality and specificity of each artist. Thus the paintings of Alicia Paz envelop us with their strange and singular extravagance, while the customized “Culbutos” of Lionel Scoccimaro (simultaneously sonic toys, Russian dolls, or other incarnations…) emphasizea psychedelic arrangement of colors and forms. With their works, these two artists also render homage to some of their personal passions, such as cinema, female icons, skateboarding, surfing, etc. Inscribed in their own social references, these registers play with the dominant idea of the “hand-made”, each involving their own savoir-faire. In what they reveal about the world, these artworks raise questions regarding gender relations, outsider marginality, the image of women, the relationship between object, desire and dreams, and the abundance generated byconsumer society. Furthermore, they question the role of art today, wavering between high and low, and dealing withappropriation and reinterpretation. These works share between them a fertile complicity that traverses all cultures.

«Paradise Inferno» pourrait être le titre d’un blockbuster américain, vif et subtil. Ce scénario se tisse au fil des pièces et représente l’essence sacrée du questionnement fondamental de deux artistes qui jusqu’ici n’ont jamais eu ensemble de dialogue. La proposition «Paradise Inferno» pourrait être symbolisée par la célèbre gravure d’Albrecht Dürer «l’Expulsion du Paradis» où Adam et Eve sont chassés du jardin d’Eden après avoir commis l’irréparable. Au-delà de toute perspective religieuse, minimalisme post-pop-art d’un côté et univers psychédélique figuratif de l’autre, nous entraînons le public dans ce que plaisir esthétique et objets de désir pourraient basculer vers critiques et interrogations plus sévères sur la société actuelle. En effet, les deux artistes travaillent communément avec l’idée que l’art ne peut pas se penser sans engagement et ont en commun le fait de porter un regard amusé mais aussi incisif sur le monde, un regard qui scrute l’espace social, l’espace politique et populaire, la marginalité de différentes cultures, un regard qui ne pense pas l’art coupé du monde ni de la vie dans son entière diversité («fun» ou bouleversante), un regard qui partage avec Braque l’idée que l’art «c’est ce qui trouble». C’est ainsi qu’à l’image du «Jardin des Délices» de Jérôme Bosch, rien nesemble faire douter du calme paisible et séduisant qui règne sur le triptyque, mais à y regarder de plus près, on est vite interpellé par des scènes déroutantes qui cachent des histoires plus inquiétantes. C’est dans ces interstices que se cachent les double-sens, les clefs de lecture, et comme l’expression populaire allemande le souligne plus clairement «Der Teufelsteckt im Detail» (le diable se cache dans les détails), ce que l'on sent bien dans les toiles d’Alicia Paz et dans les ornements hautement symboliques de Lionel Scoccimaro. La scénographie, aux faux airs paradisiaques, implique le spectateur dans cette double lecture et produit une cohérence pertinente sans compromettre l’originalité de chaque artiste. C’est ainsi que les toiles figuratives d’Alicia Paz nous entraînent dans son étrange extravagance singulière et que le va-et vient avec les «Culbutos» customisés de Lionel Scoccimaro (à la fois jouet sonore pour enfant, quille, poupée russe ou autre...) souligne le jeu psychédélique de formes et de couleurs. Avec ses travaux, les deux artistes rendent aussi hommage à leurs passions intimes comme le surf, le cinéma, le skateboard, les icônes féminines etc. issues du champs de leurs propres références sociales, en jouant aussi avec cette idée dominante du «fait main», ayant chacun leur propre savoir-faire. Dans ce qu’elles disent du monde, les oeuvres posent les questions de la marginalité, du rapport entre les sexes, l’image de la femme, du rapport entre objet et désir, du rêve, de l’abondance de la société de consommation, mais aussi de ce qu’est l’art aujourd’hui, de son jeu trouble entre art majeur et art mineur, de ses modes d’appropriation et de détournement. Ces oeuvres partagent entre elles une fertile connivence qui traverse les cultures des cinq continents.

Salva

Salva

Salva